Créer une Forêt Primaire

La Forêt est le symbole de la société.

Tout le monde y vit et chacun à sa place

Tu trouveras plus dans les forêts que dans les livres. Les arbres et les rochers t'enseigneront les choses qu'aucun maître ne te dira.

Saint Bernard de Clairvaux

O le plus charmant bois de France!

Que de douceurs dans tes concerts! Quel entretien dans ton silence!

Quel secret dans ta confidence!

Que de fraîcheur sous tes couverts!

Chateaubriand

"Un arbre est un réservoir d’énergies qui viennent de la terre et du soleil. Et ces énergies qui, depuis les racines jusqu’à l’extrémité de ses branches, ne cessent de circuler à travers lui, il est possible de les capter.

Vous êtes dans un jardin ou dans la forêt. Choisissez un arbre, le plus grand, le plus beau, et adossez-vous à lui en plaçant votre main gauche dans votre dos, la paume appuyée contre son tronc, et la paume de votre main droite sur votre plexus solaire. Puis, concentrez-vous en demandant à l’arbre de vous donner de sa force…
Vous recevez cette force par la main gauche et, par la main droite, vous la déversez dans votre plexus solaire. C’est une sorte de transfusion d’énergies, comme si l’arbre vous donnait de sa sève.
Et quand vous vous sentez rechargé, remerciez-le.

Vous vous demandez comment un arbre peut vraiment vous aider… Il vous aidera si vous le considérez comme un être vivant, intelligent, et si vous l’aimez. Grâce à cette compréhension, à cet amour, vous établissez avec lui une relation harmonieuse, et peu à peu, vous sentez que cette relation vous régénère et vous apporte la joie."

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Eh bien! mêle ta vie à la verte forêt,

Escalade la roche aux nobles altitudes.

Respire, et libre enfin des vieilles servitudes,

Fuis les regrets amers que ton cœur savourait.

Dès l'heure éblouissante où le matin paraît,

Marche au hasard; gravis les sentiers les plus rudes.

Va devant toi, baisé par l'air des solitudes,

Comme une biche en pleurs qu'on effaroucherait.

Cueille la fleur agreste au bord du précipice,

Regarde l'antre affreux que le lierre tapisse

Et le vol des oiseaux dans les chênes toufus.

Marche et prête l'oreille en tes sauvages courses;

Car tout le bois frémit, plein de rythmes confus,

Et la Muse aux beaux yeux chante dans l'eau des sources.

 

Pierre de Ronsard

Quand le dernier arbre aura été abattu,

Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,

Quand le dernier poisson aura été péché,

Alors on saura que l’ argent ne se mange pas.

Geronimo

Escoute, Bucheron, arreste un peu le bras;

Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;

Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoûte à force

Des Nymphes qui vivoient dessous la dure escorce?

Sacrilege meurtrier, si on en pend un voleur

Pour piller un butin de bien peu de valeur

Combien de feux, de fers, de morts et de détresses

Mérites-tu, meschant, pour tuer nos Déesses?

 

Adieu, chesnes, couronne aux vaillants citoyens,

Arbres de Jupiter, germes Dodonéens,

Qui premiers aux humains donastent à repaistre;

Peuples vraiment ingrats, qui n'ont sçeu recognoistre

Les biens receus de vous, peuples vrayment grossiers,

De massacrer ainsi leurs pères nourriciers.

Pierre de Ronsard

"Vastes Forêts, Forêts magnifiques et fortes,
Quel infaillible instinct nous ramène toujours
Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours
Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ?

Le murmure éternel de vos larges rameaux
Réveille encore en nous, comme une voix profonde,
L’émoi divin de l’homme aux premiers jours du monde,
Dans l’ivresse du ciel, de la terre, et des eaux.

Grands bois, vous nous rendez à la Sainte Nature.
Et notre coeur retrouve, à votre âme exalté,
Avec le jeune amour l’antique liberté,
Grands bois grisants et forts comme une chevelure !

Vos chênes orgueilleux sont plus durs que le fer ;
Dans vos halliers profonds nul soleil ne rayonne ;
L’horreur des lieux sacrés au loin vous environne,
Et vous vous lamentez aussi haut que la mer !

Quand le vent frais de l’aube aux feuillages circule,
Vous frémissez aux cris de mille oiseaux joyeux ;
Et rien n’est plus superbe et plus religieux
Que votre grand silence, au fond du crépuscule…

Autrefois vous étiez habités par les dieux ;
Vos étangs miroitaient de seins nus et d’épaules,
Et le Faune amoureux, qui guettait dans les saules,

Sous son front bestial sentait flamber ses yeux."

La Nymphe grasse et rousse ondoyait aux clairières
Où l’herbe était foulée aux pieds lourds des Silvains,
Et, dans le vent nocturne, au long des noirs ravins,
Le Centaure au galop faisait rouler des pierres.

Votre âme est pleine encor des songes anciens ;
Et la flûte de Pan, dans les campagnes veuves,
Les beaux soirs où la lune argente l’eau des fleuves,
Fait tressaillir encor vos grands chênes païens.

Les Muses, d’un doigt pur soulevant leurs longs voiles
À l’heure où le silence emplit le bois sacré,
Pensives, se tournaient vers le croissant doré,
Et regardaient la mer soupirer aux étoiles…


Albert Samain

"Las Symphonie Héroïque" (1896)

     " Depuis l'origine le destin des hommes fut associés à celui des arbres sur un lien si étroit et si fort que l'on peut se demander ce qu'il adviendra d'une humanité qui l'a brutalement rompu.

     Pourtant, si nous voulons survivre, il nous faudra bien, avant qu'il ne soit trop tard, restaurer ce qu'on nous auront saccagé, rétablir un équilibre, une harmonie plusieurs fois millénaires...

" En isolant l'homme de la création, l'humanisme occidental l'a privé d'un glacis protecteur. A partir du moment ou l'homme ne connaît plus de limite à son pouvoir, il en  vient à se détruire lui-même(1)." On conçoit donc l'opportunité que pourrait avoir pour les contemporains la redécouverte d'une mise en ordre de l'univers, qui faisait s'accorder l'homme et la nature, le profane au sacré, le quotidien au divin."

Avant propos, La Mythologie des Arbres, Jacques Brosse

(1) Claude Levi-Strauss

Rôle majeur des arbres dans les anciennes sociétés, lire :

Arbres de France, Histoire et légendes, de Jacques Brosse
 

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